« Brexit », ce mot résonne comme les prophéties de Nostradamus : tout le monde en parle mais personne ne peut interpréter ce qui va arriver.

Retour et explications sur cet imbroglio qui ferait perdre son flegme so british à un britannique.

Qu’est ce que le Brexit ?

 

Le 31 Janvier 2020, le Royaume-Uni a quitté l’Union Européenne à la suite du vote des Britanniques du 21 Juin 2016.

Manifestation contre le BrexitLe Brexit désigne le processus de retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne qui consiste à négocier l’accord de retrait effectif depuis la nuit du 31 Janvier au 1er Février 2020. Depuis désormais 3 ans, ce terme sème le trouble sur les conditions de départ. Plusieurs questions se répètent sans cesse : que va-t-il se passer une fois que le Royaume-Uni aura quitté l’Europe ? Qu’est-ce qui va changer et qu’est-ce qui restera pareil ? Autant de questions auxquelles les réponses, sous forme de prédiction pour l’instant, importent aux entreprises concernées par cette onde de choc.
 

⭐To brexit : se dire au revoir mais ne pas partir.

Quelles enjeux pour le secteur du E-commerce ?

 

En termes de E-commerce, l’enjeu est conséquent puisque le Royaume-Uni est le 3ème plus gros marché e-commerce et le plus important au monde. Le pays compte en effet environ 65 millions d’habitants et 77 % d’entre eux réalisent des achats en ligne.

C’est le premier marché européen pour le e-commerce avec un chiffre d’affaires s’élevant à 130 milliards d’euros en 2017 ; le Royaume-Uni détient par ailleurs 30 % des parts de ce marché.

Un consommateur britannique dépense environ 5400 € par an sur Internet. Et si 6 britanniques sur 10 avouent préférer des produits made in UK, le Royaume-Uni reste un eldorado pour les e-commerçants étrangers. Les e-commerçants français l’ont bien compris : le Royaume-Uni est le 5ème marché cible qu’ils privilégient, après notamment la Belgique et l’Espagne.

Si les choses changent, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Don’t panic ! une période de transition de deux ans, extensible sur quatre ans a été mise en place et cela pour permettre aux acteurs du marché de se préparer. Oui mais à quoi ?

Envoi de colis, la déclaration en douane

 

La France a mis en place un site dédié à toutes les questions que les professionnels concernés peuvent se poser sur le Brexit.

Dans un premier temps, il est impératif de souligner que tous les avantages dont bénéficiait le Royaume-Uni en tant qu’Etat Membre sont révoqués. Les e-commercants devront donc payer des tarifs douaniers.

Si vous exportiez déjà en dehors de l’Union Européenne, pas de souci d’adaptation. Pour les autres, il faudra se familiariser avec ces nouveaux tarifs et procédures administratives.

⭐ Client B2B

Les entreprises clientes devront payer des droits et des taxes à l’importation. Elles devront aussi remplir une déclaration d’importation. Ce n’est pas facile à faire et si elles veulent le faire elle-mêmes, elles devront installer un logiciel spécial pour cela. Il peut également être externalisé, mais quoi qu’il en soit, cela coûte du temps et de l’argent.

⭐ Client B2C

Les consommateurs doivent également payer des droits et taxes d’importation aux douanes britanniques.

Si le client d’un pays tiers commande chez vous en tant que particulier et se fait livrer en France, il devra payer la TVA dans un premier temps mais pourra ensuite en demander le remboursement.

Voici en bref comment cela fonctionne :

– Vous demandez au client une pièce d’identité montrant qu’il vit en dehors de l’UE.

– Mentionnez le numéro de la preuve d’identité sur la facture ou sur le chèque d’une organisation d’achats hors taxes.

– Remettez au client la (copie) de la facture.

– Le client se rend à la douane et fait signer la (copie) de la facture.

– Demandez au client de vous envoyer cette (copie) facture signée. Vous pouvez ainsi prouver que les marchandises ont été exportées vers un pays tiers.

– Vous remboursez la TVA au client.

Conservez la documentation en lieu sûr !

Ce n’est pas tellement la TVA qui posera un problème puisqu’elle est récupérable, même si elle pourra déstabiliser les finances et l’organisation d’une entreprise, mais plutôt les droits de douanes qui, eux, rendront plus chères les importations depuis le Royaume-Uni et pourront ainsi transformer des bonnes affaires en deals inintéressants.

Afin d’éviter ces frais et surtout longues procédures administratives, les professionnels et particuliers français pourraient donc privilégier d’autres pays membres de l’Union plutôt que de continuer les importations ou envois de colis depuis le Royaume-Uni.

D’ailleurs, d’après l’Organisation Mondiale du Commerce, les exportateurs britanniques pourraient avoir à payer plus de 5.6 millions de livres par an comme droits de douane, ce qui serait un gros coup dur pour les e-commerçants notamment.

De manière générale, les échanges franco-britanniques deviendront plus onéreux et plus compliqués en absence de démarches simplifiées quant au paiement de taxes et de droits de douanes. A priori, ce sont surtout les petits et moyens e-commerçants qui souffriront du Brexit, à cause de coûts logistiques toujours plus élevés. Pour beaucoup d’entre eux, il s’agira probablement de se recentrer vers le marché intérieur commun au plus vite afin de limiter les dégâts du Brexit.

 

Des temps d’acheminement plus long

 

Le nombre de contrôle à la douane augmentera sensiblement, provoquant des délais d’acheminement plus long que ceux que vous promettiez à vos clients. Il se pourrait alors que vous deviez changer de prestataires logistiques afin de pouvoir garantir les mêmes services qu’avant.

En conclusion, vous l’aurez compris, le Royaume-Uni reste un partenaire commercial important et le Brexit aura forcément un impact sur le reste de l’Union Européenne. La Livre Sterling a déjà perdu de sa valeur, ce qui signifie que les clients britanniques ont désormais moins de pouvoir d’achat.

Cela ne sera probablement que plus difficile lorsque Brexit entrera réellement en vigueur le 1er janvier 2021, car il faudra alors remplir des formulaires supplémentaires et payer des droits d’importation et la TVA.

Et pas sûr que cela s’arrange lorsque Boris Johnson se dit prêt à l’échec des négociations.